les livres que je te lis
Il ne serait pas lui, s'il était là. L'homme qui agite mon coeur a téléscopé mes lectures patientes. Il est mon imaginaire et mon présent. Comme ces mots dans les livres que je dévorais, portée par la lente mélopée des syllabes qui me donnaient leurs images, leurs déserts, leurs vents, leurs demeures, ces lits, ces fenêtres donnant sur des parcs, le bruit assourdissant de rues klacksonnées, ces gestes suspendus au fil d'une discussion qui révélait l'émoi, l'hésitation, le tambourinement du coeur face à la raison raisonnante et si parfaite dans le choix des mots. J'aime beaucoup, dans mes lectures, ces phrases si justes, tandis que je balbutie une pensée hocquetante entre le concept qui est en train de prendre forme et l'émotion qui cherche ses phrases. Il est venu. Et j'ai fermé les livres pour lui dire mes mots. Il les accueille. Il en est devenu gourmand. Gourmand de ma traduction maladroite à ne pouvoir lui dire, à ne pouvoir que lui répéter que la main qu'il a saisie et là, là, là les doigts fermement croisés aux siens.



Commentaires
mais je lui laisse aussi des marque-pages
:)
,O)
hummmmmmmmmmmm
la raison qui résonne : comme l'écho d'un travail qu'on ne finit pas de "construire".
Bisous à tous!
Il était français prisonnier pour une raison qui m'importe peu, elle était son avocate ou u truc comme ça sa messagère mais d'une autre nationalité
l'important c'est que ce livre de mois de dix euros (folio) a voyagé chaque semaine d'un camp à l'autre, d'elle à lui, de lui à elle car seuls les livres sont permis dans nos prisons pendant des mois voire année
ils y inscrivaient leur douleur et leur amour n'en a été que plus fort
le livre a atterri chez moi par hasard je le garde toujours
c à quoi ton texte m'a fait penser
je t'embrasse
en ce moment je lis l'ombre du vent: de Carlos Ruiz Zafon
acheté il y a cinq ans .