Lectures

L'arrivée de l'été coïncide avec des choix de lectures, souvent un roman policier. J'ai ainsi écumé les Camilleri, les Henning, les Larson, Les Indridasson, voyageant de la Sicile à la Suède ou l'Islande. Du plus loin que je me souvienne, mes lectures d'été rimaient avec des enquêtes, de Tintin à mes premiers Agatha Christie - dont Rendez-vous à Bagdad marqua ce petit rituel estival, un après-midi d'août dans la campagne provençale.
Cette année, je temporise. Le dernier Camilleri m'ayant laissée un peu sur ma faim avec ces ficelles et quelques phrases toutes faites, j'ai décidé de partir quelque part dans les Pouilles. Et je me retrouve entre Bari, Lecce et Ostuni à côtoyer la vie d'un psychothérapeute imaginaire - tandis que je viens de rencontrer le psychiatre réel et auteur - Giovanni Nilo, jeune et amoureux d'Emma, qui plonge dans les méandres psychiques de notre monde. Et, entre dérèglements, renoncements et combats, voici les histoires de "personnes" dont le héros cherche à rappeler l'existence et la force.
J'aimerai voir ce petit roman traduit en français. Il dit des choses qui ne peuvent laisser indifférent et "l'histoire" coule le long d'un fil et construit une trame que l'on prend plaisir à suivre. Certains éléments peuvent rappeler Camilleri ou Sciascia. La narration brise parfois l'histoire qui se réduit alors à quelques tableaux que l'on regarde comme dans la longue galerie d'un musée. Mais les pierres blanches d'Ostuni, les nuages dans le ciel, les routes parcourues, les voix qui racontent et un certain côté charnel entre le protagoniste et Emma confèrent à ce roman un goût de sel qui invite à boire, voir et lire encore.
Le titre est "l'ajusteur de destins" (L'aggiustatore di Destini par Francesco Colizzi, Manni éditeur, Sans Cesario di Lecce, 2015)

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