lesmêmes mots dans un autre sens

Se traduire n'est pas évident, pas simple, pas souple, pas tranquille. Il ne s'agit pas simplement de souligner les frontières entre deux langues, de découvrir qu'on ne peut pas traduire si facilement aller-retour, que la lumière, la nuit ou les songes n'ont pas la même consistance, qu'un point-virgule se place entre deux phrases tandis que vous aviez placé un joli point entre deux mots.
C'est d'abord l'espace qui vient bousculer votre abstraction première. Dans la langue à soi, celle première qu'on appelle maternelle, tout coule de source: c'est là, pas ailleurs; c'est ça, pas autre chose. Dans l'autre langue, la langue dans laquelle on dit cette autre part de soi, là n'est plus ici, ceci se dote d'une face et d'un profil. Il faut préciser, puis redessiner les contours des objets, des idées, de l'être qui écrit.
Et puis il y a les émotions. Elles reprennent corps dans l'autre langue. Mais ne pouvant plus se dire à l'identique et devant se dire dans ce nouveau code, les voilà renaitre, revivre, reprendre le cours de votre vie. Alors, on replonge dans les abîmes et la nuit.
Le cd tourne en boucle depuis plus de deux heures.
* * * *



In quel instante dal finestrino sul muro destro del corridoio compare un bagliore di luna; risveglia quei sospiri che sonnecchiavano tra le pietre del vecchio maso; e il suo scintillio ricorda l’ombra sulla specchio, sussurra fiori in un vaso, sfiora di striccia corpi dormienti.

Niente più discorsi. Dietro a questi spessi muri, le storie degli uomini diventano legende o affermazioni perentorie per vincere la morte, vocalizzazioni proferate con la paura che i cuori  così messi a nudo potrebbero rimanere sanguinati e scossi tra una parola malevola e una risposta rifiutata che lo frantumano e lo sciupano. Come ombre di morti fantomatici dietro agli arrazzi delle belle dimore, gli ecchi insonori delle nostre voci taciute per sempre aspettano l’empatia dei nostri corpi per urlare il mal detto, urlare a squarcia gola il nostro bisogno di amare, non per scommessa, non per avventura ma – all’infuori del burattinaio che gioca con noi – per essere folla felicità, essere gioia, con te, per condividere e dare l’uno l’altro, sentire in ognuno l’altro, questa duplice fiamma che si è accesa.

Sospiro. Movimento di un corpo. Una mano.




Depuis la lucarne, un rayon de lune vient se poser, à cet instant, sur le mur du couloir, réveillant les murmures qui habitent ce vieux mas. Dans sa lueur, il évoque un angle de miroir, susurre les fleurs qui attendent dans un vase, effleure à peine les corps qui reposent.
Les mots se sont tus. Derrière les murs épais, les histoires des hommes deviennent légendes, ou bien affirmations tonitruantes pour vaincre les morts, ou encore à peine phonétisés dans la peur que le cœur ainsi dénudé, laissé palpitant entre le mot à peine dit et la réponse refusée, soit à nouveau broyé et flétri. Comme les ombres des morts qui restent immobiles derrière les tentures qui ornent si bien nos vastes demeures, les éclats non-dits de nos voix irrémédiablement muettes attendent l’empathie de nos corps pour hurler l’indicible, crier à pleins poumons notre besoin d’aimer, non pas pour la gageure, non par pour l’aventure, mais, quel que soit l’acrobate qui joue avec nous même, pour que nous puissions dire être heureux, être joie avec toi, partager et donner l’un l’autre, sentir en chacun cette flammelle vacillante que l’autre a su raviver.
Il y a un soupir. Un corps bouge. Une main se pose.

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