au centre du cercle

Je marche et marche encore. J'oublie où je vais. Je vais nulle part. Je parcours les ruelles et glisse lentement jusqu'au ventre de la cité médiévale ou moderne ou antique. Je remonte le temps tandis que l'heure approche midi. Le soleil est presque vertical et une lumière toujours plus éblouissante m'étourdit. Je glisse, je tombe. Je me perds.
Je reconnais les abords de la basilique, mais je suis sans doute arrivée part l'arrière. Je ne sais plus. Quelques gens. Ceux d'une confraternité. Et d'autres. Des touristes. Et d'autres. Toujours à contretemps, à l'inverse du flux, mais je suis seule au milieu du blanc et du silence, j'entre. Un simple panneau, solitaire, dit : "entrée de la crypte".
Au milieu du chaos, des murmures, du va et vient, d'une file que se nourrit de femmes sur le point honorer le Saint et de recevoir sa bénédiction, discrètement contenue par deux prêtres, de gens qui entrent et sortent, d'une femme qui, comme une ombre silencieuse, prie et ramasse les rares papiers qu'on abandonne par terre, la litanie des officiants, mélopée, chant, évocation, élévation, chant lointain du temps des hommes, chant méditerranéen, rocailleux et métallique, simple et fort. Unique. Étranger.
Qui m'appartient.



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