Histoires

Avant d'en raconter, autant lire celles des autres. Je me suis donc replongée dans les Histoires d'Hérodote (quelque part au VIe siècle avant J.C. ... justement, c'était pendant les fêtes de Noël); non pas le livre entier, mais l'édition Maspéro/La Découverte, dans la traduction de P.-H. Larcher et les textes choisis par F. Hartog, histoire de faire le tour du monde, le tour de la terre, ronde ou carrée quelle fût, divisée en trois grands espaces - Asie, Libye et Europe - et quatre peuples: Perses, Égyptiens, Arabes et Scythes, soit l'Asie des Perses et des Arabes, l’Égypte terre-peuple, l'Hyperborée des Scythes. Dans cette édition, les Libyens disparaissent un peu. Evidemment, les Grecs sont omniprésents par leur absence, cette façon d'en parler tout le temps et de les décrire à travers les autres Barbares, les non-Grecs, ce qui ne veut pas dire les non-civilisés, car Hérodote réserve ce mot justement à certains d'entre eux qui, généralement, vivent exclusivement ou de cueillette ou de viande crue et, surtout, s'accouplent "en public", sans doute parce qu'il y a une vie dans des maisons communes.
Une chose est frappante, plus frappante que lors d'une première lecture (1984, me dit la note sur la page de garde): la finesse de l'observation et la justesse du raisonnement. Souvent, certaines de ses conclusions les plus audacieuses, audacieuses parce qu'elles vont à l'encontre d'une pensée commune (grecque ou autre), sont présentées sous "couvert de fable à laquelle il ne croit guère". Mais c'est une feinte pour faire accepter la nouveauté.
On a dit qu'il affabulait. Je dirais qu'il jouait avec les fables, comme ces "plumes" qui tombent du ciel dans les territoires des Scythes (ch 4, VII) en rendent toute visibilité impossible et écrire plus loin (ibid. XXXI):
Quiconque a vu de près la neige tomber à gros flocons comprend facilement ce que je dis. Elle ressemble en effet à des plumes.
Il savait jouer aussi avec la naïveté de ses lecteurs. Ou jouait aux espions. Mais il s'appliquait à une déduction patiente, en comparant les phénomènes, les mots, et en appliquant une minutieuse déduction de cause à effet.

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