mystère d'hiver

La prison invisible de l'être filtre les lumières et les sons. Tu en oublies les parfums et la vie, toute patraque, marche à ton rythme, te suit dans tes élans, te recueille quand tu es à bout de souffle. Alors, tu te reposes. Tu regardes. Il n'y a rien à voir, tout juste un film impossible dont les dernières scènes sont déjà loin. Tu écoutes. Le silence t'entoure et te protège simplement, au son régulier d'une marche qui te porte là ou ailleurs. Qu'importe, tu ressens la confiance comme un ami fidèle et franc.
Entre le monde et toi, une vitre. Tu es assis sur une banquette en simili cuir, un peu vieillotte, mais propre. Un homme semble parler tout seul, comme une incantation, peut-être une simple conversation téléphonique. De l'autre côté, le blanc du paysage, le gris-lancinant du ciel, le froid d'une lumière d'hiver sans heure. Une simple vitre. Tu touches le tronc râpeux des oliviers, le froid dur des pierres calcaires, la mollesse informe de la boue jaunâtre, glaiseuse et vibrante. Tu frémis. Tu sens.
Rassuré et calme, tu te laisses aller aux battements de ton coeur, aux frémissements de ton être qui suit cette lecture, les mots sur la page que parcourt ton regard délaissant le dehors. Tu plonges en toi, l'instant d'un mot. Alors, revient à ta mémoire la profondeur du ciel, les volumes du décor. Tu viens de goûter un parfum que tu avais cru lointain, hors de ta main. Le corps de l'autre. Tu es.

Commentaires

bistroman a dit…
Il y a des familles recomposées, des passés décomposés. L'hiver a ses mystères, ses fées, ses humeurs. Bon dimanche
bistroman a dit…
Il y a des familles recomposées, des passés décomposés. L'hiver a ses mystères, ses fées, ses humeurs. Bon dimanche
Epamine a dit…
Ben c'est à dire qu'en ce moment, je n'ai pas trop le temps de méditer sur les mystères de l'hiver: je les rencontre, les affronte, les supporte et de temps en temps, je les admire...
Bises d'Ep'
Sylvie ... a dit…
Merci Ep' pour ton passage.
Ove Madn a dit…
L'hiver : je l'aime encore bien quand il vient de commencer, et j'apprends à l'apprécier quand il s'achève enfin ...
En tout cas, aimable billet, feutré :). On s'y poserait.

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