libéré(e)

Un jour, j'ai été au milieu de ceux qui cherchaient la liberté, alors que leur vie était prisonnière d'autres et d'eux-mêmes, subissant le visible: le transit de leurs êtres qui venaient d'ailleurs et allaient je ne sais où; et l'invisible de leur coeur, croyant en un matériel possible où l'argent pouvait tout.
Il n'en était pas ainsi. Du moins pour l'heure.
L'identité que l'on cherchait à reconstruire était ce "je" qu'ils savaient à peine, qu'ils commençaient à dire, parfois en tremblant, ce moi qui ne croyait pas qu'il puisse dire je, leur première liberté.
Leur nationalité écrite sur un bout de papier, était encore ce carcan, ces racines lourdes de glaise que cet espace-temps transitoire voulait en faire leur force pour un avenir, ni beau, ni gai, un bagage sans doute lourd et qu'il faudrait alléger si d'aventure le chemin se poursuivait.
Il n'y avait plus que l'homme et sa peur.
J'ai cherché à éloigner d'eux la peur pour ne garder que l'homme, libre, heureux d'un jour sans histoire.
J'ai aimé voir ce coeur devenir léger, l'instant d'un regard, d'un donner, d'un échange d'âme à âme, d'homme à homme, fragile et fugace.

Commentaires

J'ai partagé le sort et parfois la vie de ces êtes dont tu nous parles et qui effaçaient leur vie passé au point de se renier eux-m^mes pour échapper à la police.
J'en ai quelques-uns, très peu, s'en sortir, renaître petit à petit et, s'éloigner de nous qui les avions sauvé, non par manque de reconnaissance, mais pour couper ce lien que nous représentions, en les ayant connu dans la clandestinité.
Je ne sais pas s'il existe des solutions à prendre en charge la misère du monde, comme on le fait dans des CADA.
Nous les regardions comme des êtres humains démunis quand la population les regardait avec la même indifférence que si on leur avait offert un cadeau, une pierre gravée de runes.

Roger
Sylvie ... a dit…
Tout semble fort dérisoire.
Mais il ne faut jamais nier l'Homme (là est la liberté)
Aider à être "je"
Bonsoir Sylvie

Olivier Adam dans son roman "A l'abri de rien" et aussi le film "Welcome" évoquent bien la complexité de la tâche mais aussi toute son humanité.
Le sud, le vôtre, était le début de la chaîne, Calais l'autre extrémité.
Et le prochain 29 février, où seront ils tous ces voyageurs d'ombres : auront-ils reconstruit leur jours meilleurs ?
En tout cas formons ce voeu.
Celui aussi que l'amitié soit suffisamment forte pour nous mener jusque là
мя. м. a dit…
aider à être "je"

j'aime
bistroman a dit…
Mais... c'est une véritable tablette de Tartarie ???
Je suis honoré que des étudiants puissent s'inspirer d'un tel cancre, alors continue à pomper.
J'ai pas compris : "alla faccia del champions league informatizzato…. ça m’est venu en italien...". Voulais-tu dire "à la barbe des jeux vidéos" ce qui fait beaucoup plus sérieux que "poil au nez", je te l'accorde. Merci de ton assiduité depuis si longtemps et bon week-end

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