Donc, s'il vous plait, pourriez-vous m'en resservir?

J'ai plongé mes doigts dans les dictionnaires comme d'autres dans un moteur. Seule l'ampleur de la tâche fait que j'y reviens toujours, non sans être nourrie d'un sentiment d'impuissance: même parfois réduits à 40 000 mots et 9 000 noms propres, l'abysse avec mon propre vocabulaire confine au désespoir dès qu'il s'agit de tisser en mots ma pensée qui, elle, se dévoile à l'impromptu par sensations et couleurs. Ne parlons pas de la grammaire pour laquelle j’argue de lointaines origines "modenese" pour pardonner que je n'entende, ne prononce ni n'écrive les doubles consonnes /R/ /N/ /M/ et /P/, défaut que la prononciation à la "fronsêze" de mes années de primaire n'ont eu de cesse d'accentuer, en lutte contre mon méridionalisme frontignano-cannois, à moins que ce ne fût le contraire. Ceci pour conclure l'apologie de ma nullité.
Mais j'aime beaucoup les histoires de mots et écoutait, un temps, Alain Rey à la radio. Plus que l'étymologie, je me surprends à m'égarer parmi les synonymes. Ceci pour l'apologie de l'analogie et, qui sait, des anaphores. En vérité, j'aime les histoires tout court et les gens qui les racontent.
Mon travail, mon métier? C'est observer l'entrelacs des mots, lourde toile de chanvre brut, délicate trame de soie ou mystérieux tapis d'Orient, faire des motifs, compter les noeuds. Il en va ainsi comme d'autres choses.
Or, je ne me serais jamais crue capable de faire un cours sur "donc", à la limite et avec beaucoup de bornes sur la correction linguistique, le standard des mots et le standing du salon. C'était une gageure de détecter les traces de ce mot anodin, aux confins de la banalité, qui scande nos dire et nos faire, ou de dénicher sa présence comme un Pascal au sein de ses Pensées.
Sans doute suffisait-il de vouloir l'entendre. Je l'ai donc fait.

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