chronique de la haine ordinaire

J'essaie de l'oublier. Cette guerre muette que je livre contre elle m'épuise jusqu'au vertige. Je ferme les yeux. Sous mes paupières je vois des champs d'araignées noire qui s'étendent à perte de vue, des millions, des milliards d'araignées noires et velues. Ma propre vision me fait peur. J'ouvre les yeux précipitamment. Je veux chasser cette noirceur. Je les referme dans un mouvement fasciné. D'immenses champs d'araingées noires ont envahi l'espace. Alors je me dis qu'une chose mauvaise a pénétré dans mon coeur. Puis je me dis que la chose mauvaise, c'est elle, la nouvelle secrétaire.
Un bruit m'arrache à ces sombres pensées. ELLE PARLE. J'avais oublié qu'elle parle. Peut-on interdire à un être humain de parler?
Lydie Salvayre, La vie commune, Folio, 4547, p. 33 
 (c) Franco Grillo

Commentaires

jeanfi a dit…
J'aime cette photo...
Jeu de mains...


Très beau montage

Roger

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