les livres que je te lis


Il ne serait pas lui, s'il était là. L'homme qui agite mon coeur a téléscopé mes lectures patientes. Il est mon imaginaire et mon présent. Comme ces mots dans les livres que je dévorais, portée par la lente mélopée des syllabes qui me donnaient leurs images, leurs déserts, leurs vents, leurs demeures, ces lits, ces fenêtres donnant sur des parcs, le bruit assourdissant de rues klacksonnées, ces gestes suspendus au fil d'une discussion qui révélait l'émoi, l'hésitation, le tambourinement du coeur face à la raison raisonnante et si parfaite dans le choix des mots. J'aime beaucoup, dans mes lectures, ces phrases si justes, tandis que je balbutie une pensée hocquetante entre le concept qui est en train de prendre forme et l'émotion qui cherche ses phrases. Il est venu. Et j'ai fermé les livres pour lui dire mes mots. Il les accueille. Il en est devenu gourmand. Gourmand de ma traduction maladroite à ne pouvoir lui dire, à ne pouvoir que lui répéter que la main qu'il a saisie et là, là, là les doigts fermement croisés aux siens.

Commentaires

Epamin' a dit…
J'espère qu'il sait que tu l'aimes à ce point...sinon, laisse des marque-pages dans tes livres pour lui lire tes passages préférés!
Sylvie ... a dit…
ça oui... il le sait!
mais je lui laisse aussi des marque-pages
:)
мя. м. a dit…
laisser des marque-pages ...
,O)

hummmmmmmmmmmm
Sylvie ... a dit…
ça m'a donné une idée, en plus de lui offrir l'Odyssée (voir s'il n'y a pas un truc du genre en plus mieux contemporain)... ça lui changera (peu) du parfum (l'eau d'Yssé)
Sylvie ... a dit…
ou d'Issey... :(
αяf a dit…
la raison raisonnante résonnante à l'orée du bois de son ombre ! Le grand livre de l'émoi et lui !
Sylvie ... a dit…
ton com me fait penser à ça, Arf: dans une forêt, même la plus sombre, il y a toujours une clairière...
la raison qui résonne : comme l'écho d'un travail qu'on ne finit pas de "construire".
Bisous à tous!
Lilia a dit…
chère amie ton texte me fait penser à un livre de Gilbert Sinoué "Avicennes" dot la particularité est que deux amoureux se sot serrés les couds à travers le livre
Il était français prisonnier pour une raison qui m'importe peu, elle était son avocate ou u truc comme ça sa messagère mais d'une autre nationalité
l'important c'est que ce livre de mois de dix euros (folio) a voyagé chaque semaine d'un camp à l'autre, d'elle à lui, de lui à elle car seuls les livres sont permis dans nos prisons pendant des mois voire année
ils y inscrivaient leur douleur et leur amour n'en a été que plus fort
le livre a atterri chez moi par hasard je le garde toujours
c à quoi ton texte m'a fait penser
je t'embrasse
bonsoir ...

en ce moment je lis l'ombre du vent: de Carlos Ruiz Zafon
acheté il y a cinq ans .
comme si nos mots avaient besoin de trouver l'écho dans ceux des autres avant de pouvoir être dits

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